Les Nations Unies au Mali

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Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA


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La déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA (format Adobe Acrobat)

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Les Nations Unies face au SIDA

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Le personnel ONUSIDA-Mali
 


Les Nations Unies face au SIDA

1.   Genèse
L’ONUSIDA est un Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA. Il a été créé en janvier 1996, succédant au programme GPA de l’OMS, sur la base du constat que la lutte contre le VIH/SIDA ne sera efficace qu’en terme de développement et de multisectorialité et pas seulement en terme de santé.

2.   Missions
En tant que principal ambassadeur de l’action mondiale contre le SIDA, l’ONUSIDA a pour mission de conduire, de renforcer et de soutenir une action élargie qui a pour buts de :

  • prévenir la propagation du VIH ;
  • offrir des soins et appuis aux PVVIH et affectées par le VIH/SIDA ;
  • réduire la vulnérabilité des personnes et des communautés au VIH/SIDA ;
  •  atténuer les retombées humaines et socio-économiques de l’épidémie.

3.   Principes directeurs 

  • renforcer les capacités nationales ;
  • identifier et appliquer des politiques et stratégies de bonne valeur technique ;
  • mettre sur pied des changements de société destinés à diminuer la vulnérabilité des femmes, des jeunes, des migrants, des consommateurs de drogues, des minorités sexuelles et ethniques ;
  • promouvoir et établir un environnement social, politique et légal qui permette aux individus d’exercer leur responsabilité pour se protéger et protéger autrui de l’infection par le VIH ;
  • appliquer le principe de complémentarité: l ’ONUSIDA n’entreprend pas directement ce qui peut être ou est effectué par d’autres. Il s’efforce de faciliter ces efforts et comble les lacunes dans les domaines de la recherche et de l’action ;
  • assurer la jouissance de tous les droits de la personne humaine sans discrimination ;
  • encourager le partenariat aux niveaux international, régional et national ;
  • outenir et renforcer l’action au niveau des pays.

4.   Impact mondial 

  • Les 8 co-parrains (PNUD, UNICEF, OMS, UNESCO, FNUAP, Banque Mondiale, PNUCID et BIT) intègrent les questions relatives au VIH/SIDA dans leurs travaux. Rappel :  l’ONUSIDA est un programme commun et non une organisation.  En effet, chaque organisme co-parrainant apporte son expertise et s’engage à PLANIFIER et AGIR en commun, donnant ainsi un « avantage de coopération »;
  • Un partenariat international est développé (en Afrique : International Partnership against AIDS in Africa : IPAA) ;
  • Un Centre de documentation et des réseaux Internet sont développés. Les « meilleures pratiques » sont identifiées, documentées et diffusées ; Cf. http://www.unaids.org;
  • Des programmes d’appui (initiative vaccinale, accès aux ARV, …) sont développés. 

5.   Impact régional 

  • Une équipe inter-pays est active aux niveaux :
  • de toutes les questions à caractère régional telles que : les migrations, les réseaux d’Associations de personnes vivant avec le VIH (PVVIH), l’accès aux médicaments ARV, etc. ;
  •  de toute autre question d’ordre technique sur la demande des Groupes Thématiques/Pays ;
  • de la documentation, de la recherche-action, de la mise en place de réseaux. Cf. http://www.hivnet.ch:8000/africa/safco/ ou www.onusida-aoc.org/

6.   Impact pays  

  • Il se base sur la somme des activités, relatives au VIH/SIDA, entreprises par les organismes co-parrains ;
  • Les représentants de ces organismes se réunissent régulièrement en un Groupe Thématique (GT) pour planifier, mettre en place et évaluer leurs activités relatives au VIH/SIDA. Il construit son action sur la base d’un Plan Intégré du Système des Nations Unies, coordonné par un Coordinateur Résident. Il est présidé par le Représentant d’une des Agences Pays, par un système de rotation ;
  • Au sein de chaque Agence, un point focal est désigné: l’ensemble de ces points focaux, associés aux principaux partenaires au développement, constitue le Groupe de Travail Technique élargi (GTT) ;
  • Dans certains pays, des Conseillers Programme Pays (CPP) sont affectés. Ses principales responsabilités sont de :
    • soutenir le GT et le GTT. A ce titre, il s’assure du suivi du Plan Intégré ;
    • développer et renforcer le partenariat national (cf. Annexe 1);

    • appuyer et fournir un soutien technique au Programme National de Lutte contre le SIDA.

    Qui sont les partenaires ?
     

  • le Gouvernement (tant les leaders politiques que les Ministères les plus impliqués);

  • les ONG et organisations à assise communautaire;

  • les associations des PVVIH;

  • le secteur privé;

  • les institutions académiques et de recherche;

  • les institutions sociales, culturelles et religieuses,

  • les organismes internationaux (bi et multilatéraux).

7.   Principaux appuis du GT / ONUSIDA au Mali

  • Appui à l’établissement d’un Plan National Stratégique 2001-2005, y compris à la mobilisation des ressources (avec les partenaires au développement, accès au Fonds Global, …) (cf. Annexe 2);
  • Un partenariat de plus en plus élargi ;
  • Appui à la mise en oeuvre du Plan National Stratégique, basé sur une mobilisation communautaire et au développement de partenariats locaux sur le terrain s’appuyant sur la politique de décentralisation et de l’appui des ONG ;
  • Appui au renforcement des compétences des acteurs nationaux dans la lutte multisectorielle contre le SIDA ;
  • Allocation de Fonds d’Accélération de Programmes (140.000 US$ en 1999, 120.000 et 150.000 US$ en 2001 et 110.000 US$ en 2002) pour des activités novatrices et/ou cruciales et pour la mise en oeuvre du Cadre National Stratégique ;
  • Appui au développement d’une politique de prise en charge médico-psycho- sociale des personnes infectées.

Le Groupe Thématique ONUSIDA au Mali a été créé en 1997. Les structures de l’ONUSIDA au Mali et leurs principales caractéristiques sont les suivantes :

  • Un Groupe Thématique, restreint aux co-parrains (BM, FNUAP, OMS, PNUD, UNESCO et UNICEF), s’est réuni pour la première fois en mars 2001. Le rythme des réunions est bimensuel. La rotation de présidence prévue est annuelle. En deux ans, il y a eu trois présidences : après 6 ans de présidence tenue par l’OMS, la  BM et actuellement l’UNICEF jusqu’au 31 décembre 2002, la vice-présidence est attribuée au FNUAP. Une rotation annuelle est décidée et le vice-Président succèdera au Président. Le GT a tenu sa première réunion formelle en mars 2001. Il se réunit tous les deux mois. Il est composé des Chefs d’Agence du PNUD (Mme Jocelline Bazile-Finley), UNICEF (Dr Pascal Villeneuve), FNUAP (M. Younès Zoughlami), OMS (Dr Stella Anyangwe), BM (Judith Press) et UNESCO (M. Ahmed Ould Deida). Les représentants de la FAO (M. Aguinaldo Lisboa Ramos) et du PAM (M. Gilbert Gina) sont invités  aux réunions du GT élargi.

  • Un Groupe Thématique élargi aux partenaires au développement actifs dans la thématique.

  • Un Groupe de Travail Technique élargi, composé actuellement de 23 membres, par les points focaux des Agences des Nations Unies, de la Coordination du PNLS, de l’Union Européenne, des principales coopérations bilatérales (Américaine, Française, Allemande, Suisse et Canadienne), des  principales ONG, en particulier les associations des PVVIH. Il est très actif et se réunit en général mensuellement. Dans l’attente du renforcement du PNLS revu, il assume, en partie, la fonction de concertation / coordination que ce programme s’est assigné à renforcer.

  • Le Conseiller Programme Pays (Dr Ledecq Jean-Louis), logé à l’OMS, est en fonction depuis juillet 2000. Il est impliqué dans le groupe transversal « VIH/SIDA » de l’UNDAF.

  • Des points focaux spécifiques SIDA au PNUD et à l’UNICEF.

Dans le cadre de l’UNDAF, un bilan pays est disponible depuis août 2001. Il n’y a pas encore de Plan Intégré ONUSIEN d’appui. Son établissement est planifié pour la fin de l’année 2002. Des activités d’information/sensibilisation à l’adresse de tout le personnel sont décidées et seront financées dans le cadre d’un Fonds ONUSIDA (US$18,500). Le Plan Intégré permettra une vision commune au sein du Système des Nations Unies, une plus grande cohérence et synergie des efforts ainsi qu’une plus grande souplesse des interventions, en appui à la mise en oeuvre du PSN 2001-2005.

Au niveau des départements ministériels, les 11 Ministères suivants sont ou peuvent être appuyés sur la base de leur plan sectoriel ainsi que du Cadre National de Lutte contre la Pauvreté:

  • Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille
  • Ministère des Forces Armées
  • Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique
  • Ministère de l’Education
  • Ministère des Industries, du Commerce et des Transports
  • Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile
  • Ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales
  • Ministère du Développement Rural
  • Ministère de la Jeunesse et des Sports
  • Ministère du Développement Social, des Personnes Agées et de l’Economie Solidaire
  • Ministère de la Santé

Le personnel du bureau ONUSIDA/MALI :

Dr Jean-Louis LEDECQ, Conseiller Programme Pays (depuis le 28 juin 2000)
Rue 250, Porte 462, Quartier Hippodrome
Ligne Directe: (223) 223 82 79
Fax: (223) 223 82 94
Mobile: (223) 674 27 76
Domicile: (223) 221 44 91

Mme DOUMBIA Lalla CISSE, Assistante (depuis le 1er mars 2001)
Rue 312, Porte 9,  Quartier Hippodrome
Tel/Fax: (223) 223 82 94
Mobile : (223) 673 01 09 

M. Bruno Michel DEMBELE, Chauffeur (depuis le 1er avril 2001)
Rue 402, Porte 605, Quartier Niaréla
Domicile : (223) 221 53 87

M. Sékou SOUMANO, Personnel d'Entretien (depuis le 11 juin 2002)
Rue 494, Porte 606, Quartier Dar-Salam
Domicile : (223) 223 84 44
Mobile : (223) 672 47 83


Mme Elisabetta PEGURRI, expert associé, (depuis le 21 octobre 2002)

Tel/Fax: (223) 223 82 94

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Annexe 1 : Informations générales sur l'épidémie du VIH/SIDA au Mali

Informations socio-économiques liées aux IST/VIH/SIDA 

mali

Population totale : 10.400.000 (2001)
Densité de population : 8,39 habitants/Km2
Taux d’accroissement moyen : 3,% (2001)
Indice synthétique de fécondité : 6,7  (2001)
Age moyen du premier rapport sexuel : 15,8 ans (1997)
Taux de mortalité infantile : 111% (2001)
Taux brut de scolarisation : 58% (2000)
Espérance de vie : 58 ans (2001)

GDP/per capita : US$ 268 (2001)

Indicateur de développement  humain: 0,378 (1999)
Population rurale : 73,16% (2000)

Source :  Bilan Commun de Pays, Mali 2001.

 

Informations spécifiques IST/HIV/SIDA 

Données /groupes

Date

Résultats


Taux de séroprévalence général
 :
Sites sentinelles
Donneurs de sang 
Taux de séro-prévalence dans la population en général
Estimation du nombre de PvVIH

 

1994
1999 
2001
2001

 

3,4%
2,8%
1,7%
107.000


Taux parmi les groupes vulnérables
 :
Taux des IST (6 sites)
Professionnels du sexe (300 personnes) 
Camionneurs et apprentis 
Vendeuses ambulantes 
Aide-ménagères

 

2000
2000 
2000 
2000
2000

 

entre 4,4 et 8,5%
29,7%
4,1 à 5,7%
6,7%
1,7%


Taux d’utilisation de préservatifs 
:
Routiers 
Femmes libres
Vendeuses ambulantes

 

2000
2000
2000

 

65%
83%
32%

Note en ce qui concerne les programmes IEC (Information, Education, Communication)
Une enquête CAP auprès de jeunes en 2001 révèle que 94% sont informés du risque de contracter le SIDA par voie sexuelle. La source d’information est pour 76% la radio et pour 37%  la TV.  La différence entre le VIH et le SIDA n’est connu que par 21% des jeunes. Mais 31% des jeunes pensent qu’ils courent peu de risques de contacter le VIH en n’utilisant pas le condom soit par confiance au partenaire, soit du fait qu’ils n’ont qu’un seul partenaire.

Organisation de la réponse nationale au VIH/SIDA
Le système de santé a défini ses orientations essentielles dans le Plan décennal de Développement Sanitaire et Social (PDSS) 1998-2007 dont le Programme de Développement Sanitaire et Social (PRODESS) 1998-2002 en constitue un outil décentralisé de mise en oeuvre. Il constitue un cadre de référence pour le Plan Stratégique National de Lutte contre le SIDA (2001-2005), approuvé par le Conseil des Ministres Spécial « SIDA » du 1er décembre 2000.  

Au niveau des mécanismes de coordination
Un Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) est fonctionnel depuis 1987. Ce PNLS, dont le Bureau de Coordination est localisé au sein de la Direction Nationale de la Santé, a produit un premier Plan à Court Terme 1987-1988, suivi de deux Plans à Moyen Terme (1989-1993 et 1994-1998). Ils ont permis une politique de sécurisation de la transfusion sanguine, l’amorce de dépistage anonyme et volontaire, des programmes d’IEC adressés à la population en général et de quelques groupes à risque dont les  professionnelles du sexe, la lutte contre les IST (un plan stratégique a été établi) et la prise en compte du problème des impacts sur les PvVIH. Au niveau de la surveillance épidémiologique, une enquête nationale de séroprévalence a été menée en 1992-1993, les sites sentinelles ont fonctionné sur 5 sites jusqu’en 1996. La notification des cas était assumée par la direction de l’épidémiologie.

En 1999, un processus de planification stratégique, à l’instar d’autres pays, a démarré. Ce processus a permis d’impliquer tous les secteurs de développement, toutes les composantes de la société, en particulier la société civile, dont l’association des PvVIH et les partenaires au développement, dont le Groupe Thématique ONUSIDA. Ce processus, tournant dans la structuration de la riposte au Mali, a abouti à un « Plan National Stratégique de Lutte contre le SIDA » (PSN) approuvé par un Conseil des Ministres du 1er décembre 2000. A cette occasion, le Chef de l’Etat, en 2001, a donné au Gouvernement des orientations claires en 11 points, évalués tous les 6 mois.

Les structures de gestion du PNLS, décrites dans le PSN, sont révisées et approuvées au Conseil des Ministres du 14 novembre 2001. Les principales caractéristiques de ces structures révisées sont les suivantes :

  • Création d’un Haut Conseil National de Lutte contre le VIH/SIDA, présidé par le Chef de l’Etat, ayant pour fonction de mobiliser toutes les composantes de la société et de développer la multisectorialité. Le Bureau de Coordination est rattaché au cabinet du Ministre de la Santé, afin de faciliter l’accès aux autres secteurs de développement. Il sera renforcé en ressources humaines (26 personnes qualifiées au lieu de 12 actuellement ), matérielles et financières.

  • Une relance des 7 Commissions Thématiques Spécialisées (plaidoyer/ mobilisation sociale/communication, prise en charge médicale/conseil et TME, IST, sécurité transfusionnelle et en milieu de soins, surveillance épidémiologique/laboratoire, éthique et droit et impacts socio-économiques/milieu de travail/soutien aux PVVIH), qui ont fonction de définir des politiques/normes et standards.

  • Une relance des comités nationaux, régionaux et locaux de lutte contre le VIH/SIDA.

Au niveau de la planification/programmation
Les principaux axes stratégiques du PSN 2001-2005 :

  • Décentralisation des structures et organes de gestion du PNLS;

  • Développement du partenariat à tous les niveaux, en particulier au niveau des collectivités locales;

  • Elargissement de la réponse nationale et locale (mobilisation sociale) aux autres secteurs autres que celui de la Santé (approche multisectorielle intégrée);

  • Amélioration du système d’information sur l’épidémie IST/VIH/SIDA et sur les déterminants;

  • Poursuite de stratégies qui ont fait leur preuve (amélioration du bien-être des PvVIH, promotion du VCT, marketing social des préservatifs intensifiés…).

Leadership politique
Une volonté politique forte et affichée par le Chef de l’Etat est à souligner. Mme la Ministre rend compte tous les semestres en Conseil des Ministres sur la situation de la riposte nationale.

Un réseau de parlementaires  membres du Réseau des Parlementaires Sahéliens en Population et celui des Femmes Ministres et Parlementaires, est actif. Son Coordinateur participe de temps en temps aux conseils de cabinet élargi du Ministre de la Santé, à chaque fois que la thématique VIH/SIDA est inscrite à l’ordre du jour. Le CPP est également systématiquement invité à ce conseil.

Leadership et mobilisation communautaire 
Une réforme du système de santé a donné naissance a plus de 400 Associations Communautaires, expression forte de la politique de décentralisation et de responsabilisation des populations. Au Mali, la Réponse Locale à l’épidémie se construit sur l’expertise et le savoir-faire de la Société Civile dans ce domaine (voir encadré ci dessous). 

Les médias ont largement contribué à la dissémination de l’information et de communication de proximité (stratégie de pairs éducateurs, club anti-sida dans le monde scolaire et universitaire et plus de 800 associations de jeunes) surtout dans le monde de la jeunesse.

Les Associations des Femmes sont actives sous le leadership de la première Dame, présidente d’une ONG très active dans le domaine du SIDA (Fondation Partage).

Plusieurs Imams/Ulémas ont été sensibilisés et formés pour une sensibilisation des fidèles pendant les prêches dans les mosquées. Ils se sont engagés formellement en avril 2002 dans la lutte contre le VIH/SIDA. Les organisations confessionnelles chrétiennes sont généralement engagées dans le soutien aux PvVIH.

Note sur “ l’Initiative un Cercle, une ONG”, Réponse Locale au VIH/SIDA  au Mali
La vision stratégique de la Réponse Locale est celle d’une nation compétente face au VIH/SIDA dans laquelle tous les individus, leurs familles et leurs communautés acceptent le fait que le VIH/SIDA affecte leur vie et leur travail.

Passant du statut de « bénéficiaires » de conseils et de services, d’informations et d’éducation, à celui « d’acteurs » compétents, ils prennent en compte dans la  gestion de leur quotidien le VIH/SIDA en évaluant correctement leur propre vulnérabilité et en agissant efficacement sur les facteurs de risque.

Cette Réponse Locale permettra de forger au niveau « local » une mise en commun des énergies, des moyens et des expériences pour enrayer le fléau. C’est dans la mesure où les individus, leurs familles et leurs communautés s’approprient le problème qu’elles rechercheront des solutions et mobiliseront les efforts nécessaires à la mise en œuvre. Ce type de Réponse met ainsi l'accent sur :

  • Une prise de conscience qui induira une demande de services conformes non seulement aux attentes mais aussi à l’analyse de la situation qu’elles feront avec l’aide d’un organisme facilitateur ;

  • Un développement de leur capacité d'agir et de réagir.

Le Gouvernement du Mali a opté pour le développement d’une telle Réponse, voulue comme la colonne vertébrale de la mise en œuvre du Plan Stratégique National, en prenant une Initiative, dénommée « Un Cercle, une ONG ». Cette initiative se caractérise par une contractualisation avec un certain nombre d’ONG, sélectionnées selon des critères clairement établis, afin qu’elles conduisent et facilitent en partenariat la mise en œuvre de cette Réponse Locale, à l’échelle d’emblée nationale.

Quel est le contenu de cette facilitation, dénommée au Mali « adjuvance »:

  • identifier des partenaires locaux (associations, leaders, institutions et tous les secteurs de développement);

  • les aider à s’approprier des stratégies de la réponse au VIH/SIDA;

  • répertorier leurs problèmes qu’ils seraient à même de résoudre;

  • créer un cadre de concertation entre tous les acteurs de façon à couvrir à terme tous les besoins identifiés et reconnus par la communauté.

Ce processus, tel que structuré dans l’Initiative,  se décompose en trois phases :

  • une première phase d'approche :

    • prise de connaissance du tissu social de la communauté, de ses diverses composantes associatives et de ses leaderships ;

    • identification de la perception réelle du VIH/SIDA  par les communautés;

    • inventaire des actions déjà réalisées et du capital qu'elles représentent ;

    • réponse aux questions suivantes: avec qui travailler? quelle(s) porte(s) d'entrée?

  • une deuxième phase de dialogue :

    • capter la confiance et engager un dialogue avec les partenaires choisis;

    • aider les populations à faire le lien entre leurs préoccupations quotidiennes et la problématique du VIH/SIDA ;

    • utiliser un outil de « cartographie de la vulnérabilité » ;

    • explorer avec elles la mesure dans laquelle certaines actions individuelles et normes sociales peuvent contribuer à la résolution des  problèmes ;

    • inventorier avec elles les ressources qui peuvent être mobilisées dans la lutte contre le SIDA.

    •  fournir un apport d'informations et de méthode aux processus de décision

  • une troisième phase dite passage à l'action :

    • accompagner les actions résultantes, en conseillant les communautés et en facilitant la mobilisation des ressources ;

    • renforcer continuellement leur capacité à prendre en charge leurs problèmes, notamment par l'apprentissage ;

    • assurer la concertation avec l’ensemble des partenaires et secteurs impliqués.

Les options stratégiques de l’Initiative sont :

  • La mise en place des structures suivantes à trois niveaux :

    • Au niveau Central : une Equipe d’Orientation et de Conseil (ECO), responsable de l’orientation, du pilotage et de la facilitation générale (4 membres : deux de l’Etat, un de la Société Civile et un membre de l’ONUSIDA);

    • Au niveau de la Région (province) : un Organisme Chargé de la facilitation (OCF) de la Société Civile (7 organismes);

    • Au niveau du Cercle (district) et des Communes : les ONG adjuvantes (130);

    • Intégrer l’Initiative dans le Programme de Développement Socio-Sanitaire (2002-2007) appuyé par tous les partenaires et mis en place en 1997 et dans le respect du Plan Stratégique National 2001-2005 ;

    • Couvrir les 703 communes du Mali en 5 ans ;

    •  Concrétiser l'engagement mutuel entre l'ONG, l’Etat et les partenaires locaux à l'aide d'un protocole de collaboration ;

    • Développer les compétences, par la pratique, de tous les acteurs dans le cadre d’un processus décentralisé et participatif ;

    • Documenter l'expérience de façon à ce que ses enseignements puissent être exploités dans le cadre de la stratégie nationale par la mise en place d’équipes d’apprentissage à tous les niveaux en incluant les représentants des collectivités ;

    • Développer un projet de Recherche Action et d’échanges d’expériences avec certains pays.

Etat actuel du développement de l’Initiative :

  • Le lancement par Mme la Ministre de la Santé a été fait en janvier 2001;

  • Dans le courant de l’année, les plans proposés par les organismes contractés ont été validés au niveau décentralisé avec la participation des autorités administratives et techniques (négociation au niveau communautaire) et couvrent pour l’année 2002 tous les Cercles et un peu moins de 20% des Communes ;

  • Les Plans Sectoriels des 11 départements impliqués sont établis et en cours d’harmonisation. Le problème de leur financement reste à résoudre ; 

  • L’établissement des contrats et la mise à disposition des ressources financières sont en cours (contributeurs actuels : l’Etat, l’IDA, l’ONUSIDA et la coopération des Pays Bas). Les actions ont débutées en mars 2002 ;

  • Le développement de compétences, appuyé par l’UNICEF, est planifié pour la fin 2002 ;

  • Un appui financier a été introduit dans la proposition malienne au Fonds Mondial SIDA/Malaria et Tuberculose, transmise le 10 mars 2002. Certaines corrections sont à faire dans la proposition HIV/SIDA avant le 27 septembre 2002.

Montant du financement pour la première année :  US$2,700,000

Principale leçon : Nécessité de développer une stratégie de communication dirigée vers tous les partenaires à toutes les étapes du développement et du suivi de l’Initiative: les autorités administratives, les prestataires des services publics, les ONG, les différentes composantes des communautés et les partenaires au développement (particulièrement les contributeurs au Programme quinquennal de Développement Socio-Sanitaire).
 

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 ANNEXE 2

EVALUATION DE L’ETAT D’EXECUTION

Cadre Stratégique National

Plan d’exécution

Engagement politique

Statut institutionnel

Situation

Domaines prioritaires d’action

Participation multisectorielle/
partenariats clés

Situation

Coût

A l’échelle
nationale

Composante M et E

Soutien financier national

Politiques
nationales

Soutien gouvernemental de haut niveau

Mécanismes de coordination

Capacité de gestion

Achevé

(2001-2005)

Arrêt de la transmission hétérosexuelle 

Meilleure qualité de vie PLWHA, prévention de MTCT 

Traitement des maladies sexuellement transmissibles

Transfusions sanguines protégées 

Réduction de l’impact socio-économique 

Environnements éthiques et légaux positifs 

Environnement du travail

Approche multi-sectorielle en cours 

Opération « un cercle, une ONG » pour une meilleure implication des communautés et de la société civile

Décentralisation des structures de comptabilité et élaboration de programmes de réponses locales

 

 

Dix plans sectoriels disponibles 

Opérations nationales 2001-2003 disponibles

Estimation : US$ 23 millions

Exercice d’estimation de coûts en cours

Oui

En cours

Le budget du plan stratégique (s’élevant à 6,7 millions $ du budget national , HIPC et du crédit IDA) c’est la somme des budgets des différents  plans d’action : des régions, ministères, ONG, associations, le secteur privé et le bureau de coordination de NAC

Sept commissions thématiques :

Plaidoyer/mobilisation sociale, communication STI, prise en charge psychosociale et médicale et MTCT, surveillance, droits de l’homme, impacts socioéconomiques, emplois,  soutien aux personnes affectées et infectées

Très élevé en raison de la participation active du chef de l’Etat, du Premier Ministre et de tous les dirigeants institutionnels et traditionnels (Réseau parlementaire)

Haut Comité National  sur le SIDA 

Commission Nationale sur le SIDA (CNS) 

Commission soutenue par 7 commissions techniques 

Bureau national de coordination  de la CNS (Minist.Santé) 

Toutes ces structures sont représentées aux niveaux régional, cercle et communautaire

 

 

Effort entrepris pour renforcer les mécanismes pour améliorer le transfert de fonds et assurer une bonne gestion des activités 

Processus de gestion financière du PRODESS (un programme de 5 ans pour le développement socio-sanitaire) est mis en place ;  mais n’est pas fonctionnel (une revue en cours)

Document de travail pour une mise à jour périodique et la vérification au pays. 2/02 ONUSIDA

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